Dernières parutions – Mars 2014

Fanny Lutz, chercheuse à l’UCL, a contribué au Guide du Maintien de la Paix 2013, coordonné par David Morin, Michel Liégeois et Marie-Joëlle Zahar. Son chapitre s’intitule « La FINUL, au coeur des turbulences du Proche-Orient« . Cet ouvrage est sorti aux éditions Athéna.

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Par ailleurs, Tanguy de Wilde d’Estmael, Michel Liégeois et Raoul Delcorde ont édité l’ouvrage « La diplomatie au coeur des turbulences internationales ». Cet ouvrage est paru récemment aux Presses Universitaires de Louvain.

La diplomatie Cet ouvrage entend rendre compte de divers aspects des permanences et des évolutions de la diplomatie. Il a pour objectif à la fois d’alterner les regards académiques et ceux de diplomates expérimentés, et de féconder plusieurs biais d’analyse de la diplomatie. Les spécialistes de l’histoire diplomatique, du fonctionnement de l’ONU, de l’action extérieure de l’UE ou des pays émergents y côtoient les experts de la négociation internationale, une anthropologue en observation participante au Quai d’Orsay et plusieurs ambassadeurs ayant exercé leurs talents tant au niveau bilatéral que multilatéral.

Extrait de l’introduction par T. de Wilde et M. Liégeois

« La diplomatie renferme le paradoxe de véhiculer des clichés surannés alors même qu’elle est en pleine évolution. D’où vient cette persistante perception dorée d’une fonction qui pourtant, depuis le Congrès de Vienne, s’est largement adaptée aux évolutions des deux derniers siècles ? La réponse ne doit pas être recherchée trop loin : l’image apparemment inchangée du diplomate provient peut-être tout simplement du fait que certains éléments de la diplomatie demeurent, quelles que soient les vicissitudes du temps écoulé. Hier comme aujourd’hui, un diplomate représente son Etat, l’informe, est accrédité avec une certaine solennité en terre étrangère et négocie avec ses pairs. Et les grandes rencontres diplomatiques, suscitant la curiosité médiatique, sont toujours à l’ordre du jour, même si elles s’éloignent du raout entre initiés pour ressembler à des forums ouverts où la quête d’instruments de gouvernance mondiale ou la résolution de questions techniques préoccupent les diplomates. Ces derniers déploient néanmoins leurs actions dans un environnement où les acteurs individuels ou collectifs à prétention internationale et les sources d’information se sont multipliés. Quant à l’adage qui fait des diplomates les seuls espions officiellement tolérés par un État accréditant, il a été renforcé au vingt et unième siècle par les révélations du Wikileaks diplomatique. Soudain, l’opinion publique, assez peu mobilisée sur cette question, prend conscience que les diplomates travaillent en coulisses, qu’ils ont de la mémoire, notent les propos tenus après un échange avec un dirigeant local et tentent d’en inférer les conseils à prodiguer à leur gouvernement. Rien de nouveau sous le soleil planétaire, a priori. Tout cela est même d’une grande banalité pour qui a fréquenté les archives diplomatiques. Le choc vient toutefois de l’immédiateté de pareilles révélations. La diplomatie pour s’exercer a besoin d’une certaine discrétion. Elle aurait peu de chances d’arriver à des résultats si elle devait se dérouler sur un profil ouvert d’un réseau social quelconque. Enfin, le métier de diplomate contient un dernier paradoxe. Au service de leur État, pour en être le héraut, les diplomates mettent souvent sous le boisseau leur personne durant leur carrière pour mieux faire saillir par la suite leur personnalité à travers leurs mémoires ou autres écrits relatifs à leur fonction passée. Certains utilisent la fiction pour évoquer indirectement leur métier quand ils sont encore en charge. Et cette tendance se prolonge parfois dans les septième et neuvième arts. Que la diplomatie se mette en scène ou que l’art l’imagine à l’œuvre, preuve est faite que la fonction est un sujet culturel privilégié, hier comme aujourd’hui. »