Commentary Paper n°12 – Le projet Poutine

Le projet Poutine – le retour de la Grande Russie passe par la reconquête de la petite Russie

Tanguy Struye de Swielande
Alexia Honoré

COMMENTARY PAPER N°12 – APRIL 10TH, 2014

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Les réalités du système international nous offre depuis quelques semaines un air connu de guerre froide. La prise d’indépendance de la Crimée suivie de sa rapide annexion à la Russie à l’issue d’un référendum jugé illégal par la plupart des leaders occidentaux, apparaît comme l’expression de nouvelles oppositions entre Washington et Moscou, entre l’Occident et Poutine. Les concepts de base de la politique étrangère américaine des années 1950, tels que le « containment » de l’expansion territoriale de l’adversaire soviétique paraissent reprendre du sens dans la crise ukrainienne actuelle. Si le rattachement de la Crimée à la Russie peut apparaître légitime par ses 96% de voix positives, les Occidentaux craignent que Moscou ne s’arrête pas là. Et pourtant, pour légitimer son acte, Poutine en appelle au précédent plus ou moins récent de la prise d’indépendance du Kosovo, celle-ci soutenue par les forces occidentales telles que l’OTAN. Cependant, si certains s’autorisent la comparaison de la situation en Crimée avec le détachement du Kosovo de la Serbie, les objectifs en jeu semblent divergents.

Poutine l’homme fort

L’effondrement de l’Empire soviétique représentant la plus grande catastrophe géopolitique du siècle selon le leader russe[1](2005), Poutine est déterminé à rendre à son pays les réalités géostratégiques dignes d’une grande puissance. A cet égard, Moscou entend accroitre son influence là où l’Empire soviétique s’imposait et la Péninsule de Crimée ainsi que l’Ukraine toute entière constituent un enjeu considérable dans la stratégie de retour de la puissance russe. Par conséquent, le désir soutenu de Vladimir Poutine de réaffirmer la grandeur et la puissance de son pays est un objectif de politique étrangère dont l’annexion de la Crimée ne pourrait être qu’une première étape. D’un point de vue réaliste, les objectifs de Poutine ne semblent distincts de ceux de tout chef d’Etat rationnel. En effet, la principale préoccupation d’un dirigeant se base sur les questions de « high politics », c’est-à-dire la défense de la sécurité et de l’intérêt national.

Le cas russe ne faisant exception à la règle, dans le dossier ukrainien, Poutine réagit en fonction des intérêts de son pays ; il perçoit d’un très mauvais œil l’élargissement de l’OTAN aux anciens pays satellites de l’URSS et entend accroître son influence là où il la sait bienvenue. Depuis la chûte de l’Empire soviétique, Moscou a perdu énormément de marge de manœuvre et la vision du Monde du dirigeant russe requiert un espace territorial de taille pour se mesurer à l’Occident. Dans le projet russe de la création d’une Union Eurasiatique, l’Ukraine représente un allié considérable et un tampon aux frontières de l’Europe sans mentionner l’importance des pipelines transportant le pétrole russe vers l’Europe, alors que la Crimée avec la base navale de Sévastopol lui offre un accès stratégique aux mers chaudes indispensable pour une puissance essentiellement continentale.

L’intérêt national est également une question de prestige, de réputation et de prestige, élément auquel est fortement attaché le président Poutine. Les relations internationales ne se réduisent pas au quantifiable : « Analyzing international interactions, consequently, isn’t just about assessing interests dispassionately. It’s about divining how much value statesmen, soldiers, and ordinary citizens attach to their interests, which in turn determines the price they’re prepared to pay for those interests, which in turn determines how willing they are to compromise. A winner-take-all dynamic may take hold when important constituencies truly prize something. It’s beside the point whether outsiders rate the stakes as small »[2].

Dans cette optique, la prise de décision en politique étrangère est l’une des actions fondamentales d’une administration au pouvoir. Elle définit et affirme la position du pays sur la scène internationale, par conséquent, celle-ci est rarement négligée par l’ensemble des personnes constituant le « noyau » des décideurs. L’élaboration de la politique étrangère russe par Vladimir Poutine principalement motivé par le retour de son pays parmi les grandes puissances dans un système politique fortement centralisé apparaît très emblématique. Lorsque l’on mentionne la position de Moscou sur un dossier international, cela en revient souvent à la stricte décision de Poutine. A cet égard, une analyse individuelle du leader principal et de ses proches conseillers permet de percevoir sa personnalité et la manière dont celle-ci influence la prise de position de la Russie actuelle. En effet, tout ce qui forme la particularité du décideur ; sa personnalité, ses valeurs, son identité, ses perceptions et émotions sont autant de paramètres déterminant sa prise de position face à un dossier de politique étrangère.

Avec l’arrivée de Poutine au Kremlin, on observe un renouveau de la politique étrangère russe qui base celle-ci sur un réalisme politique dont les principaux objectifs sont les intérêts nationaux à travers les rapports de force actuels et l’honneur. Dans l’ambition du dirigeant de placer la Russie en partenaire incontournable sur la scène internationale, il y a également l’adversité avec l’Occident. Et en particulier son challenger les Etats-Unis que la Russie n’entend plus laisser jouir de l’unipolarité dans le système mondial en soutenant fermement le recours au multilatéralisme. Bien qu’assez contradictoirement Poutine n’apprécie que très légèrement l’intervention des organisations multilatérales dans ses affaires internes. Il s’agit en fait d’un « instrument devant lui permettre de conserver un statut ou de retrouver de l’influence, voire de (re) devenir un pôle d’influence. Le multilatéralisme au service de la multipolarité »[3]. S’imposer comme interlocuteur ferme et catégorique dans la situation ukrainienne est donc une attitude indispensable pour atteindre son objectif final.

Dans un système semi-présidentiel où la politique étrangère est marquée par le rôle central du pouvoir exécutif et du chef de l’Etat et où la décision semble être aux mains d’un nombre limité de personnes, la question du jeu d’influence se pose. En effet, les institutions politiques semblent avoir perdu de leur poids et cette limitation de leur rôle n’est qu’une face d’un mouvement plus large de contrôle du Kremlin sur toutes les institutions russes, ce que Poutine appelle « la verticale du pouvoir ».

En s’appuyant sur le code opérationnel, modèle proposé par Alexander George[4] dans le but de percevoir comment les croyances d’un leader vont l’amener à privilégier une décision aux dépens d’une autre, l’approche du dirigeant russe souligne le pragmatisme, la détermination et le besoin de contrôle. C’est l’icône d’un homme fort, sain et redoutable prêt à assurer le futur de la Russie que le peuple perçoit, et cette image leur plait. Vladimir Poutine a compris que pour séduire son peuple et asseoir au mieux son autorité il lui faut apparaitre comme le grand sauveur de la Russie. Cette attitude lui a permis de légitimer sa place au Kremlin auprès de son peuple pour assurer sa politique dans un système fortement hiérarchisé où le pouvoir est au main du Président et des personnes qu’il a méticuleusement placé à ses côtés, formant le « Clan Poutine ». Les fréquentes références au passé soviétique et à la grandeur de la Russie d’autrefois font partie de la stratégie de Poutine de rassembler son pays derrière la même conviction de la place particulière de leur nation entre l’Europe et l’Asie, n’appartenant ni à l’une ni à l’autre, mais offrant une troisième voie indépendante. La prise de décision russe est détenue par un groupe de personnes aux intérêts convergents appartenant aux mêmes institutions (FSB, Eglise orthodoxe,…) guidés par une personnalité forte. Celle d’un Homme fier de son pays, ne craignant pas l’Occident et prêt à tout pour balancer le système international en faveur d’une Grande Russie en commençant par la petite Russie ; l’Ukraine.

Stratégie à long terme : l’Eurasisme

À l’instar des Etats-Unis, la Russie de Poutine envisage les relations internationales en se considérant comme étant l’épicentre du système. Reprenons les propos de Tanguy de Wilde : « […] le rôle que peut jouer l’Etat dans les relations internationales est largement affecté par la position qu’il occupe sur la carte du monde. […] Et l’histoire d’un Etat est toujours en même temps une partie de l’histoire des Etats voisins. […] La Russie, malgré des kilomètres de littoral, ne peut multiplier les accès à la mer en raison de l’omniprésence des glaces polaires. D’où l’objectif traditionnel de la diplomatie russe de se garantir un accès aux mers chaudes et l’importance de la flotte de la Mer Noire stationnée en Crimée ukrainienne »[5]. Depuis la dissolution de l’URSS, la Russie a toujours lutté contre son éviction de l’ensemble de l’espace post-soviétique – avec des moyens souvent offensifs, mais à coercition variable. Trop faible durant les années 1990 pour avoir un impact décisif sur l’issue de ses différends géopolitiques avec l’Europe et les États-Unis, la Russie de Eltsine s’était illustrée dans une politique étrangère parfois schizophrène, entre coopération et compétition avec « l’Occident ». Cette politique n’ayant pas pu empêcher l’élargissement de l’Alliance atlantique à l’Est de l’Europe, puis aux Pays baltes, ni l’extension de facto de sa zone d’influence dans les Balkans, le Caucase et l’Asie centrale, le président Poutine avait opté, au début de l’an 2000, pour une lutte d’influence basée sur la domination économique et la « diplomatie énergétique », plutôt que sur la menace militaire et une rhétorique d’opposition stérile. En plus d’une politique étrangère « multi- vectorielle » (à vocation globale), Moscou a su tirer profit de la manne pétrolière et gazière pour regagner sa crédibilité de grande puissance. Et un rôle de premier ordre dans l’espace post-sovietique, que le pays n’avait pas délaissé en dépit de la fin de Guerre froide.

Bien que disposant de moyens encore réduits, la Russie est depuis parvenue à se repositionner sur l’échiquier international, y compris dans son étranger proche. Et le conflit de l’été 2008 avec la Géorgie a été un premier signal fort, qui a été confirmé avec la Crimée ces dernières semaines.

Dans ce contexte, certains géopoliticiens contemporains tels qu’Alexandre Dougine, lui-même inspiré par l’école allemande (en particulier Haushofer) influencent la vision poutinienne du monde[6]. L’idée générale défendue par ce courant s’axe autour de la notion d’« Eurasisme »[7]. D’un point de vue géopolitique, il s’agit d’envisager l’Europe, la Russie et l’Asie comme un ensemble formant un continent : l’Eurasie.

Contrairement à Haushofer, ce n’est toutefois plus l’Allemagne le pivot de l’Eurasie, mais bien la Russie. Dans ses écrits, Dougine insiste fortement sur la dialectique de la géopolitique entre la Mer (thalassocratie) et la Terre (tellurocratie) : « La Terre (l’Orient) est hiérarchie. La Mer (l’Occident) est chaos. La Terre (Orient) est ordre. La Mer (Occident) est dissolution. La Terre (Orient) est un principe masculin. La Mer (Occident) est le principe féminin. La Terre (Est) est Tradition. La Mer (Ouest) est contemporanéité. Et ainsi de suite. Ces deux sujets de l’histoire géopolitique ont tendance à rechercher leur expression la plus complète et la plus distincte, partant d’un système de contradictions (très souvent réconciliables et partiales) compliqué et multipolaire pour finir avec le schéma mondial des blocs » [8] . Dans la pratique, cela se caractérisera durant la Guerre froide par l’opposition entre l’OTAN et le Pacte de Varsovie. Pour Dougine : « Si, au sens idéologique, le Pacte de Varsovie était conçu comme une union de pays ayant une économie socialiste et une philosophie marxiste, dans une perspective géopolitique il était une forme de la construction stratégique terrestre continentale, s’opposant à l’atlantisme qui en ces années s’identifiait aux pays de régime capitaliste »[9]. Or, avec la dissolution du Pacte de Varsovie : « L’espace stratégique libéré commença peu à peu à être rempli par l’influence atlantiste : les pays européens de l’Est commencèrent à rivaliser pour adhérer à l’OTAN. Géopolitiquement cela signifie qu’ils commencèrent à s’éloigner de l’eurasisme, et à être attirés dans l’orbite de l’atlantisme. Et il ne pouvait pas en être autrement, car les systèmes géopolitiques sont reliés entre eux comme des vases communiquants – quand l’eurasisme décroît, l’atlantisme croît, et vice-versa »[10].

Selon le mouvement eurasiste, le monde, qui deviendra multipolaire se divisera en quatre centres ; 1) Un centre euro-africain (sphère dominée par l’Europe et comprenant l’Union européenne et l’Afrique ; 2) Un centre asie-pacifique (Asie du Sud-Est, Indochine, Australie et Nouvelle-Zélande) ; 3) Un centre eurasien (Russie, OTSC, certains pays islamiques, l’Inde et la Chine) ; et 4) Un centre comprenant l’Amérique du Nord, Central et du Sud). Au sein de ces centres, chaque puissance aura ses propres sphères d’influence. La Russie établira alors des relations avec principalement les centres euro-africain et asie-pacifique. Ce qui reviendrait pratiquement à isoler le quatrième centre (= les Etats-Unis).

En pratique, son projet à venir préconise non seulement l’axe « Paris-Berlin-Moscou », mais également une coopération avec l’Inde et la Chine ou des pays islamiques comme l’Iran et la Turquie (alliance turco-slave, très populaire au sein des nationalistes turcs)[11]. La Russie doit se rapprocher des Etats qui ont des intérêts complémentaires à ceux de la Russie[12]. Selon Dougine, appartiennent à cette catégorie : l’Union européenne, le Japon, l’Iran et l’Inde. Si le Japon et l’Union européenne sont actuellement des alliés des Etats-Unis, il estime que ces pays, étant soumis aux dictat des Etats-Unis, voudront une plus grande indépendance et se rapprocheront ainsi des objectifs russes. Les Russes pourront offrir à ces quatre puissances soit des ressources, soit un poids politique ou des armes. En échange, la Russie recevra une aide économique et technologique du Japon et de l’Union européenne et un partenariat stratégique avec l’Inde et l’Iran, lui permettant d’accéder aux mers chaudes. Une seconde catégorie d’Etats comprend des entités intéressées par la multipolarité mais qui ne sont pas symétriquement complémentaires à la Russie : il s’agit du Pakistan, de la Chine et du monde arabe, qui sont souvent en tension avec les membres de la première catégorie (IndeóPakistan, monde arabeóIran, ChineóJapon). Aussi, pour Dougine, ce sont des puissances qui naviguent entre les Etats-Unis et l’Eurasisme. Par conséquent, la Russie doit veiller à neutraliser leurs aspects négatifs. Une troisième catégorie représente les pays du tiers-monde, sans grand intérêt géopolitique. La Russie doit encourager leur intégration au sein du bloc eurasien par le biais du Japon, de l’Inde, de l’Union européenne et de l’Iran. Enfin, la dernière catégorie comprend les Etats-Unis et les pays du continent américain. Dans cette région, il faudra soutenir les forces isolationnistes aux Etats-Unis et anti-américaines en Amérique du Nord et du Sud[13].

Cette thèse de Dougine, bien que difficilement réalisable à court terme, a le mérite de décrire les scénarios et desseins envisagés par la Russie sous son angle géopolitique.

Incontestablement et à l’instar de l’idéologie américaine de la Destinée manifeste, l’Eurasisme percole dans les doctrines stratégiques de la Russie défendant un Kremlin puissant, une lutte contre l’hégémonie américaine et une politique de dépendance énergétique de ses pays voisins. D’autre part, soulignons également la présence de la pensée darwiniste de Ratzel et la notion de Lebensraum. Il s’agit de considérer un Etat comme un être vivant qui a besoin d’un espace vital dans lequel il croît et grandit. C’est au départ de cette notion que Ratzel développera ses sept lois d’expansion des Etats. Ces règles expansionnistes ont souvent été associées à l’expansion de l’Allemagne nazie. Toutefois, cette notion de Lebensraum reste présente dans la politique russe à travers les sphères d’influence et permet de justifier un retour de la Russie au Caucase et en Asie centrale. En 2003, la « Doctrine Ivanov », du nom du ministre de la Défense Sergei Ivanov, va mettre en évidence l’érosion marquée de la position stratégique de la Russie et insister sur la nécessité d’un contrôle tant politique que militaire dans les régions avoisinantes. La Russie entend être l’« étranger proche » de ces pays voisins. À l’instar de la notion de darwinisme social de Ratzel, la politique de l’« étranger proche » vise à satisfaire l’instinct d’expansion d’un Etat et l’annexion de la Crimée en est un bel exemple.

Une victoire à la Pyrrhus ?

Si la Crimée est à nouveau sous contrôle russe et garantit à la Russie un accès à la Mer Noire et donc vers les Mers chaudes, priorité du projet eurasiste, il apparaît toutefois qu’à moyen terme cette victoire géopolitique de Poutine pourrait se transformer en une défaite à long terme. En effet, la priorité étant pour la Russie de créer un Heartland uni, l’intervention russe en Crimée a clairement consolidé la position des Etats-Unis sur l’Europe de l’Est. Aussi les tensions entre la Russie et l’Europe par rapport à l’Ukraine a poussé cette dernière vers les Etats-Unis et renforcé le lien transatlantique. En outre, il est probable que sauf intervention militaire de la Russie dans l’Est de l’Ukraine, cette dernière envisage un avenir pro-européen[14], plutôt que pro-russe. Le risque étant que d’autres Etats de la région ne lui tourne également le dos, privilégiant un rapprochement avec l’Ouest.

Conclusion

Si Européens et Américains semblent avoir été surpris par la politique menée par la Russie en Crimée, il semble toutefois que celle-ci était prévisible vu la personnalité de Poutine et les desseins géopolitiques de la Russie. Churchill n’observait-il pas  à propos de la Russie : « Une charade, enveloppée dans un mystère, à l’intérieur d’une énigme; mais il y a peut-être une clé. Et cette clé est l’intérêt national russe ».

La combinaison de deux facteurs fondamentaux, l’un externe et l’autre domestique, apparait comme les principales causes et raisons de l’action russe en Ukraine. En effet, il y a dix ans l’annexion de la Crimée à l’Etat russe n’aurait pu être envisagée. Mais la particularité du système international actuel ; un monde en transition passant d’une unipolarité américaine à une multiplication et dispersion des pôles de puissance dûes entre autre à l’affaiblissement des Etats-Unis constaté ces dernières années, notamment dans la crise syrienne offre, un nouvel échiquier aux relations internationales. Dans ce cadre, la personnalité et la vision du monde du leader russe, motivé par sa détermination de mener à terme son projet eurasiste nous permet de comprendre l’action russe dans la Péninsule de Crimée. Afin de présenter le retour de la Russie comme grande puissance sur la scène internationale, Poutine entend réaffirmer son influence dans son étranger proche. Après avoir supporté la plus grande catastrophe géopolitique du 21ème siècle avec l’effondrement de l’URSS, il s’agit pour Poutine moins d’une offensive que d’une stratégie de défense face à un Occident qui s’étend aux portes de Moscou.

 

[1]«First and foremost it is worth acknowledging that the demise of the Soviet Union (search) was the greatest geopolitical catastrophe of the century (…) As for the Russian people, it became a genuine tragedy. Tens of millions of our fellow citizens and countrymen found themselves beyond the fringes of Russian territory ».

[2] Holmes, J., « Why Russia Yearns for Empire », The Diplomat, 28 mars, 2014

[3] Rucker L., « Le politique étrangère russe. A l’Ouest du nouveau ! », Le courrier des pays de l’Est, 2003, vol. VIII, n°1038, p.26.

[4]George, A., « The « Operational Code »: A Neglected Approach to the Study of Political Leaders and Decision-Making » International Studies Quarterly, Vol. 13, No. 2. (Jun., 1969), pp. 190-222 ; Dyson, S.B, « Drawing Policy Implications from the ‘Operational Code’ of a ‘New’ Political Actor : Russian President Vladimir Putin » , Policy Sciences, Vol. 34, n° 3/4, 2001, pp.329-346.

[5] De Wilde D’Estmael, T., « L’espace, facteur de puissance », Le retour de la géopolitique, Louvain, octobre-novembre 2006, pp. 18-21.

[6] Dougine est fortement inspiré par les thèses de Jean Thiriart, auteur en 1964 de Un empire de quatre cents millions d’hommes : l’Europe. Il voulait promouvoir une « Grande Europe » de Reykjavik à Vladivostok. Dougine est également fortement influencé par l’ésotérisme. Lire également à ce sujet, Dunlop, J., « Aleksandr Dugin’s Foundations of Geopolitics », in Demokratizatsiya, 12, no. 1 (Winter), 2004.

[7] L’Eurasisme se veut être un mode de vie, qui ne comprend pas uniquement la géopolitique, mais également des aspects religieux, démographiques, économiques, etc. Ce courant défend également l’idée qu’on retrouve également au sein de la Destinée manifeste américaine du peuple élu : les Russes seraient les descendants des Hyperboréens.

[8] Dougine, A., « Le paradigme de la fin », Elementy n° 9, 1998.

[9] Dougine, A., « L’eurasie se fera et se fait déjà », in Rossiskaïa Gazeta, 4 juillet 2002

[10] Dougine, A., « L’eurasie se fera et se fait déjà », in Rossiskaïa Gazeta, 4 juillet 2002.

[11] Si du côté russe, Dougine préconise un rapprochement avec la Turquie, dans cette dernière il existe également une intelligentsia prônant un rapprochement avec la Russie, dont l’écrivain Aleva Alatli.

[12]La Russie a quelque chose à leur offrir et inversement.

[13] Dougine, A., « Main Principles of Eurasist Policy », June 2001.

[14] On ne peut écarter le scénario de la “finlandisation”, qui permettrait de satisfaire la Russie.